Qu’est-ce qu’une catastrophe naturelle ?

Sécheresse, cyclone ou encore tempête de neige, la catastrophe naturelle est caractérisée par sa nature brutale et subit. Elle engendre des dégâts importants à la fois sur le plan matériel et humain. « Après les guerres civiles, ce sont les évènements qui engendrent le plus de morts », indique Philippe Gachon, professeur et chercheur scientifique à l’UQAM (entrevue téléphonique 19 septembre 2018). En vingt ans, les catastrophes naturelles ont coûté la vie de près de 606 000 personnes. 

« On distingue deux sortes de catastrophes naturelles : les phénomènes géophysiques et les phénomènes météorologique. », présente le chercheur. Les évènements géophysiques affectent le terrain comme les tsunamis, séismes et volcans. Les évènements météorologiques sont quant à eux la conséquence d’un problème climatique comme les cyclones, les inondations et les vagues de chaleur.

IMG-20180916-WA0003.jpg Mathilde Bauché

Les catastrophes naturelles sont-elles en hausse ?

D’après plusieurs études, ces 50 dernières années, le nombre de catastrophes naturelles a augmenté considérablement. Par ailleurs, « ce ne sont pas les phénomènes géophysiques qui ont augmenté, mais bien les phénomènes météorologiques », témoigne Phillipe Gachon.  Il s’agit d’une augmentation « quasi exponentielle ». Le scientifique indique l’état très « préoccupant » de la situation.

Ces phénomènes naturels sont étroitement liés au réchauffement climatique. Philippe Gachon ajoute: « L’ensemble du globe connaît un réchauffement climatique important. Depuis 1880, les 13 années les plus chaudes se situent dans nos dernières années. »

L’humidité dans l’atmosphère augmente l’intensité des phénomènes météorologiques. « Plus on augmente les températures, plus on augmente la probabilité d’obtenir des tempêtes tropicales. Par exemple, pour qu’un cyclone se déclare, il faut que la température de l’océan avoisine les 27°C », explique t-il. 

Cette conséquence du réchauffement climatique suscite une inquiétude non négligeable. Philippe Gachon fait état d’une combinaison de facteurs à risque, ayant des impacts majeurs: « C’est un effet domino. Une catastrophe naturelle aura un impact sur une chose qui en impactera une autre. C’est ce qui est arrivé suite au tsunami à Fukushima, en 2011. »

carte.png Le Figaro

Quels sont les pays les plus touchés par ces catastrophes naturelles ?

Chaque région du globe est touchée par des phénomènes naturels caractéristiques.

« Les Etats Unis concentrent le plus de tornades au monde. Ils sont également touchés par des cyclones tropicaux, des tempêtes de neige et d’importants feux de forêts » , argumente le scientifique. Dernièrement, la Caroline a été largement impacté par l’ouragan Florence, de catégorie 4. Pour Philippe Gachon, l’ouragan a été aussi dévastateur sur la durée qu’un autre ouragan de plus grande catégorie et de courte durée. Il continue: « En Europe également, des vagues de chaleur et de froid se font ressentir régulièrement. »

Moins médiatisés dans les pays occidentaux, les pays les plus pauvres sont les plus exposés à ces catastrophes naturelles. Philippe Gachon observe : « L’Afrique est affectée par des sécheresses considérables, qui peuvent durer plusieurs années consécutives. » Les îles et archipels sont les plus touchés par les inondations et ouragans. « Au Sud Est de l’Asie ont dénombre le plus de phénomènes géophysiques comme les tremblements de terre », ajoute t-il. Cette année, l’Inde a connu la mousson la plus mortelle. Entre le mois de juin et le mois de septembre 2018, le pays a été la cible de fortes précipitations causant la mort de près de 1200 personnes.

42160729_246650645997291_3232539347865567232_n.jpg Maxime Bacon

Pourquoi certains pays sont-ils plus vulnérables que d’autres ?

Trois facteurs, combinés ou non, participent à la destruction d’un territoire lors d’une catastrophe naturelle. Le premier facteur est caractérisé par le phénomène en lui-même qu’il soit météorologique ou géophysique. Le second facteur est représenté par l’exposition du pays face aux évènements. Le dernier facteur, est indiqué par le seuil de vulnérabilité.

En effet, les pays les plus pauvres sont les moins en mesure de pouvoir se protéger des phénomènes naturels, par manque de moyens.  « La vulnérabilité de nature socio-économique affecte le niveau de risque et la capacité de rétablissement », explique le chercheur. Ainsi, un cercle vicieux tend la population la plus pauvre à rester la plus vulnérable. Cette dernière, contrainte économiquement de rester vivre sur des zones sensibles, est constamment touchée par des phénomènes climatiques dont elle a du mal à se rétablir.

42222870_1763687803729097_3847876464800169984_n.jpg Maxime Bacon

Qui travaille pour réduire les désastres ?

L’ONU joue un rôle primordial dans la lutte de ces désastres, notamment grâce à l’UNISDR (Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes). Il s’agit d’une organisation qui propose des solutions et des moyens pour réduire les dégâts causés par les phénomènes, sous forme de protocoles, comme le cadre de Sendai.

Il s’agit d’un protocole, pour la période 2015-2030, faisant état de quatre priorités. La première, est celle de comprendre les risques de catastrophe. La seconde est de renforcer la gouvernance des risques de catastrophe pour mieux les gérer. La troisième est d’investir dans la réduction des risques de catastrophe pour renforcer la résilience. Enfin, la dernière est d’améliorer la préparation pour une intervention efficace et pour « Faire et reconstruire mieux ».

Derrière ces quatre priorités, un objectif commun ressort : la limitation des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts matériels résultant de catastrophes naturelles. Cela passe notamment par les ONG proposant des aides internationales.

42154457_1931268670262981_5732380893058695168_n.jpg Maxime Bacon

Comment peut-on lutter contre ces phénomènes naturels ?

 « En 2004, dans le Sud Est de l’Asie, des centaines de milliers de personnes sont mortes en partie parce qu’elles n’ont pas été prévenues de l’arrivée d’un tsunami », raconte Philippe Gachon. Depuis cette époque, les systèmes d’alertes ont constamment été améliorés.

Un bon système d’alerte est composé de plusieurs éléments : un réseau de surveillance, une capacité de prévision, un système d’alerte puis une communication efficace de risque.

La veille météorologique est un des principaux éléments permettant d’anticiper ces évènements. De nombreuses sondes réparties sur le globe permettent, par exemple, de mesurer les séismes. Les médias doivent par la suite véhiculer l’information auprès du public. « La transmission d’information est fondamentale avant, pendant mais aussi après les évènements », témoigne t-il. Cette médiatisation post-catastrophe permet de créer une entraide nécessaire pour les pays pauvres.

Pour lutter contre les catastrophes naturelles, la solidarité internationale reste avant tout primordiale.  Le chercheur insiste sur le fait : « Aucun pays ne peut compter sur lui-même, la solidarité est fondamentale. »

Sources :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/08/27/97001-20180827FILWWW00035-inde-la-mousson-a-fait-1200-morts.php
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/11/19/20002-20131119ARTFIG00213-catastrophe-climatique-les-pays-pauvres-payent-le-plus-lourd-tribut.php
https://www.catnat.net/donneesstats/dernieres-actualites/24751-l-onu-publie-une-cartographie-de-l-exposition-mondiale-aux-risques-naturels
http://base.d-p-h.info/fr/fiches/premierdph/fiche-premierdph-1672.html
https://www.unisdr.org/files/43291_frenchsendaiframeworkfordisasterris.pdf
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-catastrophes-naturelles-ont-fait-606000-morts-20-ans-60602/

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