Est-ce que l’intérêt pour le vélo hivernal gagne en popularité au Québec?

L’année 2020 est marquée par une hausse fulgurante de cyclistes sur les routes, notamment sur l’île de Montréal. Par exemple, au mois de mai 2020, on pouvait calculer plus de 4000 passages sur le pont Jacques-Cartier alors qu’on en comptait approximativement 900 l’année précédente. De plus, selon Vélo Québec, l’intérêt des Montréalais pour le vélo d’hiver entre 2017 et 2020 a augmenté de 159%.

Photo: Nina-Rose Cassivi

Quels sont les avantages du vélo hivernal?

«Ça aide à vaincre le blues hivernal, mais beaucoup de gens font ça pour des raisons écologiques», explique Khalil Hassan un ancien propriétaire d’une boutique de vélos qui pratique ce sport en hiver depuis plus de 6 ans (entretien téléphonique, 9 décembre 2020). En effet, en effectuant 10 kilomètres de bicyclette par jour, un usager empêche l’émission de 700kg de CO2 sur une année.

Photo: Nina-Rose Cassivi

Quelles sont les principales motivations pour ceux qui s’initient au vélo d’hiver?

Pour Jean-François Lapierre, un cycliste de 26 ans, c’est pour des raisons économiques qu’il choisit le vélo comme moyen de transport principal, malgré la saison froide qui approche : «Avec la COVID, je suis revenu d’un voyage en Australie et en emménageant à Montréal je trouvais que ça ne valait pas la peine de dépenser pour d’autres moyens de transports» (entretien téléphonique 8 décembre 2020).

C’est le cas également de Vincent Turcot quand il s’est initié au vélo d’hiver il y a trois ans de cela : «J’ai commencé quand je venais de déménager à Montréal et à cette époque je travaillais et j’étudiais sur l’île. Je me suis donc débarrassé de mon auto pour économiser et me simplifier la vie par rapport au déneigement» (entretien téléphonique, 9 décembre 2020). Or, avec le temps, les avantages de ce sport se sont cumulés avec le temps: «J’adore les challenges et je suis un passionné de vélo. C’est vraiment encourageant de garder cette passion de saison en saison et la communauté est hyper serrée, quand on se croise on s’envoie la main par exemple.»

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Quels sont les risques du vélo d’hiver?

Selon Vincent Turcot, une part des difficultés se retrouve dans la partage de la route qui est plus difficile l’hiver: «Puisqu’on est moins de cyclistes l’hiver, c’est déstabilisant pour les automobilistes. Beaucoup m’ont envoyé promener, m’ont insulté et m’ont crié après en me disant que le vélo ce n’était pas fait pour l’hiver.»

Mais Khalil Hassan souligne que les principaux risques sont liés à la sécurité routière. Malgré tous les avantages qu’il considère de ce sport, ils sont plus fréquents qu’en été : «Ça prend quand même une certaine expérience. C’est idéal de se pratiquer progressivement parce qu’il y a plus de chance de tomber et de se blesser.» Au Canada, 7500 cyclistes sont grièvement blessés et les risques s’accentuent à la saison froide.

Photo: Nina-Rose Cassivi

Qu’elles sont les préparations requises pour pratiquer le vélo d’hiver?

«L’inconvénient principal, est que c’est plus complexe au niveau de la mécanique du vélo qu’il faut adapter à l’hiver», indique Khalil Hassan. Avant de s’y lancer, un équipement de base tel que des pneus à clous et un garde-boue est nécessaire. Vincent Turcot souligne d’ailleurs l’importance de l’habillement : «Ça demande plus de préparation au niveau de l’habillement pour trouver le confort car on bouge beaucoup, on dépense de l’énergie, mais il fait très froid dehors alors c’est important de trouver des vêtements qui respirent bien.»

Malgré les quelques risques et les préparations qui s’ajoutent confirme qu’il s’agit d’un sport accessible et bénéfique pour tous les québécois : «Ce n’est pas aussi dangereux qu’on pense, il faut simplement être plus attentif et se pratiquer un peu. Au final c’est vraiment amusant, l’hiver a toujours fait partie de notre réalité au Québec et on a aucune raison de se priver des plaisirs du vélo d’hiver.»

Photo: Nina-Rose Cassivi

Est-ce que Montréal est une ville bien adaptée en hiver pour les cyclistes?

L’hiver dernier, la Ville de Montréal a déneigé près de 600 kilomètres sur 876 kilomètres du réseau cyclable et les cyclistes peuvent désormais profiter du Réseau express vélo (REV). S’étendant sur 184 kilomètres, le REV est ouvert 12 mois par année et permet aux cyclistes de circuler à Montréal avec davantage de sécurité.

D’une autre part, la piste cyclable du nouveau Pont Samuel-De Champlain et l’ouverture de la piste cyclable du pont Jacques-Cartier en hiver représentent cette année des avancées significatives pour les cyclistes de Montréal et des environs. En effet, c’est la première fois que les cyclistes auront connexion entre la Ville de Montréal et la Rive-Sud entre le mois de novembre et le mois de mars. «Ça prouve à tous les usagers de la route que le vélo d’hiver n’est pas exclusif aux Montréalais. De mon côté, je commence un nouvel emploi sur la Rive-Sud et c’est ce qui me permet de continuer le vélo pour la saison qui arrive», soulève Vincent Turcot.

Sources:

https://montreal.ca/articles/le-rev-un-reseau-express-velo#:~:text=Le%20REV%2C%20R%C3%A9seau%20express%20v%C3%A9lo,15%20%25%20des%20d%C3%A9placements%20%C3%A0%20Montr%C3%A9al.

http://www.clubcycloroute.ca/sites/default/files/pdf/20142911183958.pdf

https://www.caa.ca/fr/securite-a-velo/quelques-statistiques-sur-la-securite-a-velo/