Qu’est-ce que le jeûne intermittent ?

Le jeûne intermittent, comme le végétarisme ou le véganisme peut être considéré comme une «tendance» par certains, un mode de vie pour d’autres. Les adeptes du intermittent fasting ne mangent que pendant une période de temps déterminée, puis cessent de manger pendant plusieurs heures par la suite. Ceux qui le pratiquent alternent entre des périodes de jeûne et  d’alimentation normale. La période de jeûne dépend de chaque personne : ceux qui travaillent durant la soirée pourraient préférer manger de 8:00 à 16:00 avant de jeûner pour plusieurs heures. Certaines personnes préfèrent jeûner pendant 12 ou 13 heures par jour ou bien s’adonner au jeûne quelques fois par semaine. 

IMG_0335.jpg Clara Brodeur-Vecerina

Quels sont les bienfaits du jeûne intermittent ?

Les études qui portent sur le jeûne ont été menées en grande majorité sur des animaux de laboratoire, mais des études ont été réalisées sur les humains lors de la dernière décennie.Les effets du jeûne sont mitigés et la communauté scientifique ne s’entend pas encore pour dire s’il est bon ou mauvais. Le jeûne intermittent est souvent pratiqué pour aider à perdre du poids. Cette pratique aide à tonifier les muscles tout en éliminant le gras corporel. L’organisme va donc puiser dans ses réserves de graisses pour produire de l’énergie pendant la période de jeûne. Lorsque le corps est dans un état de jeûne, le niveau d’insuline est faible, ce qui va l’entraîner à puiser dans ses graisses pour générer de l’énergie. Le taux d’insuline sera moins élevé pendant le jeûne, mais il reviendra après les repas. La plupart des études faites sur le jeûne intermittent rapportent une diminution des taux sanguins de mauvais cholestérol. En revanche, ces études ne comparent pas le jeûne intermittent à une restriction calorique normale, et celles qui les comparent ne trouvent aucune différence.

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Quels sont les effets négatifs de ce jeûne ?

Certains effets secondaires peuvent également se faire sentir : irritabilité, anxiété et fixation accrue sur le respect de la diète qui peut mener à un trouble alimentaire, de l’hypoglycémie, une déshydratation, des difficultés de concentration, des troubles de sommeil et une diminution du métabolisme de base. Un suivi avec un professionnel de la santé est recommandé lors de la pratique du jeûne intermittent.

Pour Salomë Mc Cann, travailleuse autonome de 23 ans qui pratique le jeûne intermittent depuis plus de cinq mois, la tâche n’est pas toujours facile :«La seule difficulté c’est la volonté et la motivation. Dans les périodes de ma vie plus anxiogènes, il m’est plus ardu de conserver ma détermination puisque j’ai encore de la difficulté à ne pas manger mes émotions. J’ai récemment jeûné (eau déminéralisée seulement) pour 10 jours. J’étais dans un centre de jeûne pour 12 jours, les deux dernières journées étant le début de la réalimentation, soit 3 tasses de jus frais par jour. L’expérience s’est révélée beaucoup plus intense psychologiquement que physiquement. Mon esprit a rejeté l’expérience et a fantasmé sur une variété d’aliments. » (messages Facebook, 16 octobre)

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Y a –t-il des médecins qui prescrivent le jeûne intermittent?

Le Dr Jason Fung est l’un des rares médecins au Canada à utiliser le jeûne comme traitement pour l’obésité et le diabète de type 2. Médecin spécialiste des reins, il a fondé le programme Intensive Dietary Management (IDM) et est l’auteur du livre The Complete Guide To Fasting. ll y a cinq ans, il a ouvert la clinique IDM. Dans cette clinique, le jeûne est utilisé en tant que thérapie. Des milliers de patients ont été traités à la IDM. L’utilisation du jeûne comme thérapie n’est pas très répandue dans le monde et le Dr Fung est un des seuls à l’utiliser au Canada, mais la pratique du jeûne comme moyen thérapeutique est depuis longtemps utilisée en Europe.

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Est-ce facile d’adhérer au jeûne intermittent ?

Pour Salomë Mc Can, le jeûne intermittent s’est installé dans sa routine de manière graduelle et facile : «J’ai commencé le jeûne intermittent il y a un peu plus de cinq mois, je tente de le faire cinq à sept fois semaine, c’est-à-dire presque tous les jours sauf exceptions. Vite, je me suis habituée à ce nouveau rythme (manger seulement entre midi et 20h). Mes choix alimentaires sont devenus plus nutritifs et judicieux (beaucoup plus de légumes et de fruits), ceux-ci s’inscrivant dans une alimentation déjà végétalienne depuis longtemps. Mon sommeil se fait plus réparateur et je récupère mieux de mes entraînements tout en voyant mon niveau d’énergie générale augmenter.» Le jeûne intermittent est caractérisé par son adhésion facile comparativement aux méthodes conventionnelles de perte de poids, car il demande une moins de temps et de sacrifices que des diètes plus restrictives. 

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Est-ce qu’on peut considérer le jeûne comme une nouvelle forme de diète ?

Au Canada en 2017, 64 % des adultes de plus de 18 ans sont en surpoids ou obèses. La surconsommation d’aliments est associée à un surplus de poids, à l’obésité, au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Lors d’un jeûne, on mange moins et c’est une des raisons qui explique les potentiels bénéfices de cette pratique. Plutôt que de manger moins chaque jour, certains préfèrent manger comme ils le veulent, puis se priver pendant un moment donné. Cette pratique est loin d’être un concept nouveau. L’industrie des régimes amaigrissants l’utilise depuis des décennies, c’est pourquoi on peut comparer le jeûne à un régime.

Sources :

Santé publique du Canada 

Trepanowski JF, Kroeger CM, Barnosky A et al. «Effect of alternate-day fasting on weight loss, weight maintenance, and cardioprotection among metabolically healthy obese adults: a randomized clinical trial»

Châtelaine

Le nutritionniste urbain 

La Presse